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Catalogue


« Tout dépend effectivement du niveau où l’on ose poser ce problème : comment vit-on ? Comment en est-on satisfait ? Insatisfait ? Ceci sans se laisser un instant intimider par les diverses publicités qui visent à vous persuader que l’on peut être heureux à cause de l’existence de Dieu, ou du dentifrice Colgate, ou du C.N.R.S. » Guy Debord

"Debord moraliste par nécessite sachant ceci honteux que la nécessite est ce caractère ignoble de nécessaire intriguant sinon il perd faible triste et trompeur devant les choses comme un enfant devant son cauchemar. Debord se lève le matin et se dit « aujourd’hui je me suiciderai pas »

Fiche de police métaphysique | Février 1953 | Serge Berna

NOTE D’INTENTION

« La culture, devenue intégralement marchandise,
doit aussi devenir la marchandise vedette de la société spectaculaire. »

Ce projet est bien sûr de faire entendre la langue de Debord, la langue incendiaire, mélancolique, au scalpel, ivre, d’une vie vouée au renversement de l’ordre établi.

Je souhaite mettre en avant cette pensée critique qui, selon moi, reste la plus pertinente encore à ce jour.

« La question n’est pas de constater que les gens vivent plus ou moins pauvrement mais toujours d’une manière qui leur échappe. » Guy Debord

Mais comment restituer cette critique du spectacle dans les murs du théâtre, une fabrique de spectacles ?

« Le théâtre et la fête, la fête théâtrale, sont les moments dominants de la réalisation baroque, dans laquelle toute expression artistique particulière ne prend son sens que par sa référence au décor d’un lieu construit, à une construction qui doit être pour elle-même le centre d’unification ; et ce centre est le passage, qui est inscrit comme un équilibre menacé dans le désordre dynamique de tout. »

Il s’agira de travailler sur ce dialogue conflictuel, contradictoire entre une langue qui dénonce le spectacle, comme étant « le lieu du regard abusé et de la fausse conscience » et le théâtre, la sphère de la représentation, de l’illusion consentie faite de fragment de la vérité. « L’extériorité du spectacle par rapport à l’homme agissant apparaît en ce que ses propres gestes ne sont plus à lui, mais à un autre qui les lui représente. […] »
Il s’agira d’amplifier la situation du spectateur pour lui signifier objectivement qu’elle est également celle de sa propre vie et de rompre son confort pour l’amener à percevoir, la dépossession de son présent, le règne cohérent de la misère et cette condamnation à l’ennui.
« Nous ne voulons pas d’un monde où la certitude de ne pas mourir de faim s’échange contre le risque de mourir d’ennui »
Vaneigem Raoul

« L’aliénation du spectateur au profit de l’objet contemplé (qui est le résultat de sa propre activité inconsciente) s’exprime ainsi : plus il contemple, moins il vit ; plus il accepte de se reconnaître dans les images dominantes du besoin, moins il comprend sa propre existence et son propre désir… . »

Cette dialectique sera la matière première de cette création.

« C’est pourquoi le spectateur ne se sent chez lui nulle part, car le spectacle est partout »

Abdellatif Baybay


LES PARTICIPANTS AU PROJET

Mise en scène : Abdellatif Baybay
Adaptation : Abdellatif Baybay et Bertrand Lazenec
Comédien : Patrice Connard
Création lumière : Bruno Teustch
Création Sonore et Scénographie : Grégory David
Photographe : Philip Duguay
Plasticiens : Justin Delareux
Gaëtan Pichereau Liard